Nom : Victor Ferreira
Age : 40 ans
Etudes : Ingenieur informatique
Structure : Max Havelaar France
Adresse : Paris
1. Votre formation et votre parcours professionnel jusqu'à aujourd'hui ?
J'ai un parcours assez atypique. Fils d'ouvrier, j'ai grandi dans un " bidonville " de Champigny. J'ai eu mon bac et grâce au soutien de mes professeurs de l'époque j'ai préparé une école d'ingénieur. Je n'ai pas été beaucoup plus loin dans les études mais à force de stages et d'expériences en entreprise, j'ai obtenu un poste de programmeur en informatique. Je l'ai rapidement quitté parce que mon employeur avait refusé de me laisser prendre un temps partiel pour participer à un mouvement d'intégration de jeunes des citées. Avant d'arriver chez Max Havelaar, j'ai pas mal roulé ma bosse ; d'animateur radio à créateur de société de conseil en informatique en passant par formateur de cadres sans emplois, j'ai aussi écrit un livre pour sensibiliser les gens aux problèmes du tiers monde... En 1994, ingénieur sans frontières m'a proposé de fonder Etudiants et développement, deux ans après Agir ici me proposait un poste de secrétaire national de l'association et c'est finalement en 1998 que j'ai intégré Max Havelaar pour à l'époque lancer un développement de l'association à l'échelon national.... on a fait un peu de chemin depuis.
2.Quelle est votre plus grande satisfaction aujourd'hui ?
Que le label Max Havelaar en soit arrivé là où il en est aujourd'hui ! Quand J'ai intégré Max Havelaar en 1998, faire le pari d'un développement comme celui que nous connaissons aujourd'hui aurait paru complètement fou. Aujourd'hui avec132 références proposées en grande distribution sur plus de 3 500 points de ventes, nous avons réalisé un bel exploit.... Malgré tout cela, il reste des montagnes à déplacer.
3. Votre plus grande frustration ?
Il faut aujourd'hui plus de reconnaissance de la part des pouvoirs publics pour le travaille réalisé depuis 14 ans. L'état a bien entendu son rôle à jouer. Mais un certain nombre de décideurs politique parlent de commerce équitable sans savoir ce que c'est. Par manque de connaissance fine, il prennent le risque de mettre en œuvre des actions qui peuvent aboutir au résultat inverse de leurs objectifs ! Bien sûr il nous faut travailler à l'élaboration d'une norme. Une cellule regroupant des spécialistes du domaine s'est attelée à la tache autour de Jean Yves le Tourneur à l'AFNOR. Ils avaient à l'origine pour mission de réfléchir à une norme. Ils se sont rendu compte que pour commencer, il leur faudrait d'abord se pencher sur le POURQUOI de cette norme avant d'aller plus loin ... Le sujet est très délicat et mérite qu'on prenne le temps de bien faire les choses.
4. Une anecdote qui vous conforte dans votre choix du commerce équitable ?
Une belle histoire...Celle que je vais vous raconter donne une idée de l'importance du commerce équitable pour ceux qui en vivent. Tous les ans Max Havelaar organise des réunions régionales et internationales de producteurs. Ces réunions sont essentielles ; elle représentent le poumon du label. Les producteur se réunissent et nous font part des choses à améliorer pour répondre de manière plus efficace à leurs besoins. En 2000, Lors d'une réunion régionale au Nicaragua, plusieurs petits producteurs étaient réunis dans les locaux d'une coopérative et nous procédions à un tour de table pour connaître l'intérêt et les apports du commerce équitable pour eux. En bons occidentaux on s'attendait à des réponses d'ordre plutôt quantitatif : j'ai augmenté ma production de tant, on a pu construire une école... La parole est alors passée à un certain Mr Carlos Aviles qui s'est levé et nous a simplement dit : "je suis fier !".Le commerce équitable, ça ne sert pas uniquement à améliorer les conditions de vie des petits producteurs. Son rôle essentiel c'est de rendre aux producteurs la fierté de reprendre sa vie en main.
5. Quelles relations entretenez-vous avec les producteurs ?
Nos relation avec les producteurs sont essentiellement de deux ordres. Notre rôle premier est un rôle d'intermédiaire. L'objectif est de mettre les producteurs en relation avec les industriels français, de développer les parts de marchés de leurs produits. Notre second rôle est un rôle d'écoute et d'adaptation. Il nous faut sans arrêt être à l'écoute de leurs besoins pour apporter rapidement la réponse la mieux adaptée possible. Régulièrement, nous rencontrons les délégués élus des producteurs pour parler redéfinition de prix, amélioration du fonctionnement du label...
6. Comment est ce que vous aimeriez travailler idéalement avec les différents intermédiaires de la filière CE ?
Idéalement, il faudrait que nous puissions labelliser plus de producteurs ! Les files d'attente pour obtenir une labellisation sont aujourd'hui bien trop longues ! les européens ne consomment pas encore assez de produits " équitables " pour nous permettre de labelliser tous ceux qui le souhaiterait. Aujourd'hui, les cours du café sont au plus mal et l'exode des producteurs vers les villes s'accélère. Alors lorsque Max Havelaar parvient à garantir un prix de vente à 126 Dollars US alors que le cours de la bourse affiche l'arabica à 50 dollars US, il y a bien entendu des files d'attente. D'accord, en France aujourd'hui, on fait plus que doubler les volumes vendus chaque année ; mais c'est encore insuffisant ! Sur les 15 millions de petits producteurs que compte le secteur du café, Max Havelaar ne peut aujourd'hui en soutenir que 600 000.
7. Qu'est ce que vous voyez comme avenir et évolutions futures pour le commerce équitable?
Idéalement, il faudrait pouvoir marcher dans les pas de la Suisse ! Il y a là bas une situation particulière : les deux principaux acteurs de la grande distribution s'accordent sur prime au mieux disant équitable ! La place réservée aux produits équitables ne cesse d'augmenter et bien sûr les volumes de ventes s'envolent. En France, j'aimerais tabler sur une évolution dans la reconnaissance et la légitimité à la hauteur de ce qu'a connu le bio... mais sans les balbutiements du début notamment autour des fausses labellisations... Pour ma part, je pense que si les pouvoirs publics acquièrent une vision positive et parlent en connaissance de cause de commerce équitable, alors on peut croire en un avenir serein.
8. Quels sont les projet de Max Havelaar pour l'avenir ?
A plus ou moins court terme, il nous faut développer notre gamme de produits et surtout développer l'accessibilité de ces produits. On a doit faire un double pari pour les 5 prochaines années : un pari de disponibilité et un pari d 'accessibilité. A plus long terme, nous voulons enrichir la gamme de produit proposée à la vente par Max Havelaar. On travaille notamment beaucoup en ce moment sur le coton.
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Age : 40 ans
Etudes : Ingenieur informatique
Structure : Max Havelaar France
Adresse : Paris
1. Votre formation et votre parcours professionnel jusqu'à aujourd'hui ?
J'ai un parcours assez atypique. Fils d'ouvrier, j'ai grandi dans un " bidonville " de Champigny. J'ai eu mon bac et grâce au soutien de mes professeurs de l'époque j'ai préparé une école d'ingénieur. Je n'ai pas été beaucoup plus loin dans les études mais à force de stages et d'expériences en entreprise, j'ai obtenu un poste de programmeur en informatique. Je l'ai rapidement quitté parce que mon employeur avait refusé de me laisser prendre un temps partiel pour participer à un mouvement d'intégration de jeunes des citées. Avant d'arriver chez Max Havelaar, j'ai pas mal roulé ma bosse ; d'animateur radio à créateur de société de conseil en informatique en passant par formateur de cadres sans emplois, j'ai aussi écrit un livre pour sensibiliser les gens aux problèmes du tiers monde... En 1994, ingénieur sans frontières m'a proposé de fonder Etudiants et développement, deux ans après Agir ici me proposait un poste de secrétaire national de l'association et c'est finalement en 1998 que j'ai intégré Max Havelaar pour à l'époque lancer un développement de l'association à l'échelon national.... on a fait un peu de chemin depuis.
2.Quelle est votre plus grande satisfaction aujourd'hui ?
Que le label Max Havelaar en soit arrivé là où il en est aujourd'hui ! Quand J'ai intégré Max Havelaar en 1998, faire le pari d'un développement comme celui que nous connaissons aujourd'hui aurait paru complètement fou. Aujourd'hui avec132 références proposées en grande distribution sur plus de 3 500 points de ventes, nous avons réalisé un bel exploit.... Malgré tout cela, il reste des montagnes à déplacer.
3. Votre plus grande frustration ?
Il faut aujourd'hui plus de reconnaissance de la part des pouvoirs publics pour le travaille réalisé depuis 14 ans. L'état a bien entendu son rôle à jouer. Mais un certain nombre de décideurs politique parlent de commerce équitable sans savoir ce que c'est. Par manque de connaissance fine, il prennent le risque de mettre en œuvre des actions qui peuvent aboutir au résultat inverse de leurs objectifs ! Bien sûr il nous faut travailler à l'élaboration d'une norme. Une cellule regroupant des spécialistes du domaine s'est attelée à la tache autour de Jean Yves le Tourneur à l'AFNOR. Ils avaient à l'origine pour mission de réfléchir à une norme. Ils se sont rendu compte que pour commencer, il leur faudrait d'abord se pencher sur le POURQUOI de cette norme avant d'aller plus loin ... Le sujet est très délicat et mérite qu'on prenne le temps de bien faire les choses.
4. Une anecdote qui vous conforte dans votre choix du commerce équitable ?
Une belle histoire...Celle que je vais vous raconter donne une idée de l'importance du commerce équitable pour ceux qui en vivent. Tous les ans Max Havelaar organise des réunions régionales et internationales de producteurs. Ces réunions sont essentielles ; elle représentent le poumon du label. Les producteur se réunissent et nous font part des choses à améliorer pour répondre de manière plus efficace à leurs besoins. En 2000, Lors d'une réunion régionale au Nicaragua, plusieurs petits producteurs étaient réunis dans les locaux d'une coopérative et nous procédions à un tour de table pour connaître l'intérêt et les apports du commerce équitable pour eux. En bons occidentaux on s'attendait à des réponses d'ordre plutôt quantitatif : j'ai augmenté ma production de tant, on a pu construire une école... La parole est alors passée à un certain Mr Carlos Aviles qui s'est levé et nous a simplement dit : "je suis fier !".Le commerce équitable, ça ne sert pas uniquement à améliorer les conditions de vie des petits producteurs. Son rôle essentiel c'est de rendre aux producteurs la fierté de reprendre sa vie en main.
5. Quelles relations entretenez-vous avec les producteurs ?
Nos relation avec les producteurs sont essentiellement de deux ordres. Notre rôle premier est un rôle d'intermédiaire. L'objectif est de mettre les producteurs en relation avec les industriels français, de développer les parts de marchés de leurs produits. Notre second rôle est un rôle d'écoute et d'adaptation. Il nous faut sans arrêt être à l'écoute de leurs besoins pour apporter rapidement la réponse la mieux adaptée possible. Régulièrement, nous rencontrons les délégués élus des producteurs pour parler redéfinition de prix, amélioration du fonctionnement du label...
6. Comment est ce que vous aimeriez travailler idéalement avec les différents intermédiaires de la filière CE ?
Idéalement, il faudrait que nous puissions labelliser plus de producteurs ! Les files d'attente pour obtenir une labellisation sont aujourd'hui bien trop longues ! les européens ne consomment pas encore assez de produits " équitables " pour nous permettre de labelliser tous ceux qui le souhaiterait. Aujourd'hui, les cours du café sont au plus mal et l'exode des producteurs vers les villes s'accélère. Alors lorsque Max Havelaar parvient à garantir un prix de vente à 126 Dollars US alors que le cours de la bourse affiche l'arabica à 50 dollars US, il y a bien entendu des files d'attente. D'accord, en France aujourd'hui, on fait plus que doubler les volumes vendus chaque année ; mais c'est encore insuffisant ! Sur les 15 millions de petits producteurs que compte le secteur du café, Max Havelaar ne peut aujourd'hui en soutenir que 600 000.
7. Qu'est ce que vous voyez comme avenir et évolutions futures pour le commerce équitable?
Idéalement, il faudrait pouvoir marcher dans les pas de la Suisse ! Il y a là bas une situation particulière : les deux principaux acteurs de la grande distribution s'accordent sur prime au mieux disant équitable ! La place réservée aux produits équitables ne cesse d'augmenter et bien sûr les volumes de ventes s'envolent. En France, j'aimerais tabler sur une évolution dans la reconnaissance et la légitimité à la hauteur de ce qu'a connu le bio... mais sans les balbutiements du début notamment autour des fausses labellisations... Pour ma part, je pense que si les pouvoirs publics acquièrent une vision positive et parlent en connaissance de cause de commerce équitable, alors on peut croire en un avenir serein.
8. Quels sont les projet de Max Havelaar pour l'avenir ?
A plus ou moins court terme, il nous faut développer notre gamme de produits et surtout développer l'accessibilité de ces produits. On a doit faire un double pari pour les 5 prochaines années : un pari de disponibilité et un pari d 'accessibilité. A plus long terme, nous voulons enrichir la gamme de produit proposée à la vente par Max Havelaar. On travaille notamment beaucoup en ce moment sur le coton.
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